6 idées reçues sur l’assurance-vie

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38 %, c’est le poids de l’assurance-vie dans le patrimoine financier des Français, en 2018, selon la Banque de France. Ce placement financier séduit par sa souplesse et son traitement fiscal avantageux, notamment en termes de succession. Malgré les rendements des fonds en euros à la baisse, la collecte nette de 2018 atteint 22 milliards d’euros, et déjà 13,1 milliards d’euros entre janvier et mai 2019. Toutefois, ce produit technique véhicule quelques idées reçues à dénouer.

L’assurance-vie ne rapporte plus rien

Faux, les taux moyens servis en 2018 par les fonds en euros des contrats d’assurance-vie avoisinent 1,8 %. Les projections pour l’année en cours indiquent que la rentabilité des fonds en euros oscillerait entre 1,6 % et 1,8 %. Il s’agit bien d’une moyenne, car certains rendements sont plus élevés. C’est typiquement le cas avec le fonds €uro MIF (le fonds euros que la MIF intègre à ses contrats d’assurance-vie multisupport), une référence du marché, qui a rapporté en 2018: 2,35 % net de frais de gestion (hors prélèvements sociaux et fiscaux). Il faut mettre ces chiffres en perspective des rendements proposés par les livrets d’épargne réglementés : 0,75 % pour le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), 1 % pour les PEL souscrits depuis le 1er août 2016. Malgré la déduction des prélèvements sociaux (17,2 %) et une inflation à 1 %, l’assurance-vie demeure le placement sans risque (le capital est garanti) qui rapporte le plus.

Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

Notez que l’assurance-vie est un placement souple et attractif ce qui lui permet justement de s’adapter à la conjoncture. Si le rendement des fonds en euros garantis n’atteint plus les niveaux d’antan à cause du contexte obligataire des taux durablement bas et de la politique accommodante de la Banque centrale européenne (BCE), l’épargnant peut diversifier son épargne et faire fructifier ses économies en souscrivant un contrat d’assurance-vie multisupport. Ce dernier permet de flécher une partie du capital, en fonction du profil investisseur du client (prudent, équilibré, dynamique), vers des unités de compte (actions, fonds structurés, immobiliers) qui permettent d’aller capter le potentiel des marchés financiers.

Tout investissement en unités de compte est soumis aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse et comporte un risque de perte en capital

L'assurance-vie, uniquement utile en cas de décès

Faux, bien que les avantages en cas de décès existent, notamment en termes de transmission du patrimoine, l’assurance-vie est une solution d’épargne pour tous les projets d’une vie. Que vous souhaitiez vous constituer un capital pour concrétiser un projet personnel ou que vous vouliez disposer d’une rente au moment de votre retraite, l’assurance-vie est la formule à adopter. L’épargnant peut alimenter son contrat à tout moment sans limitation de versement ou de plafond, mais également effectuer des retraits d’argent via des rachats partiels ou même un rachat total; en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse. Enfin, selon les conditions plus ou moins élargies du contrat, il est possible de piloter ses placements directement.

Avec l’assurance-vie, mon capital est bloqué pendant des années !

Faux, si l’assurance-vie reste un placement à long terme, l’assuré dispose de son capital à tout moment grâce aux rachats partiels. La principale erreur est de lier le seuil des 8 ans de détention avec l’impossibilité d’accéder à son capital durant ce laps de temps. Or, ce cap des 8 ans n’intervient que dans le cadre d’une fiscalité plus avantageuse, et non pour bloquer votre capital! L’argent est donc toujours disponible.

Et si vous pensez que le contrat est figé, c’est encore une erreur. Un épargnant insatisfait de son contrat d’assurance-vie peut jouer sur plusieurs leviers afin de changer la donne. Comment ? En stoppant par exemple les versements, en optant pour la clôture de son contrat d’assurance-vie par rachat total ou en réalisant des rachats partiels.

En revanche, le contrat d’assurance-vie n’est pas transférable vers une autre compagnie d’assurances. Il faut donc fermer son contrat pour en rouvrir un autre chez la concurrence, en étant attentif aux conséquences fiscales qu'entraîne ce changement. La loi Pacte fait toutefois bouger les lignes en offrant la possibilité aux assurés de changer de contrat à l’intérieur d’une même compagnie. Cette transférabilité partielle a l’avantage de maintenir l’antériorité fiscale acquise du contrat initial.

Bon à savoir : l’assuré peut réactualiser à tout moment la clause bénéficiaire sans limitation de fois. Par contre, il doit obtenir l’accord du bénéficiaire si celui-ci a déjà accepté le bénéfice.

Au delà de 70 000 euros mon capital n’est plus garanti par l’assureur

Faux, les compagnies d’assurances couvrent la totalité du capital déposé sur le fonds en euros. Aucune limite sur les sommes versées n’existe. Selon les contrats, cette couverture peut garantir le capital net de frais sur versement, et net ou brut de frais de gestion. La borne de 70 000 euros correspond au scénario dans lequel l’assureur ferait faillite, une situation extrêmement rare. Intervient alors le Fonds de garantie des assurances de personne (FGAP) qui garantit, par souscripteur et par compagnie, le remboursement de 70 000 euros. Les faillites entraînent généralement le rachat d’une compagnie par une autre, incluant donc la reprise des actifs et des engagements. Les droits des souscripteurs sont donc préservés, peu importe la somme déposée.

Mineur ou plus de 70 ans : il est impossible de souscrire une assurance-vie

Faux, la souscription d’un contrat d’assurance-vie n’implique aucune condition d’âge. Ouvrir un tel contrat pour un enfant est tout à fait possible grâce à des contrats dédiés. Et le plus tôt sera le mieux, puisque les avantages fiscaux de ce placement dépendent de sa date d’ouverture. À partir de huit ans de détention, l’assuré profite d’un taux de fiscalité de 7,5 % ( 12,8 % pour les plus gros contrats), ainsi que d’un abattement annuel de 9 200 € pour un couple ou 4600€ pour une personne seule. Il est également erroné de penser qu’on ne peut plus ouvrir de contrat d’assurance-vie après 70 ans. Ce seuil modifie simplement le montant de l’abattement dont bénéficient les bénéficiaires désignés en cas de décès de l’assuré, entraînant le dénouement du contrat, qui passe de 152 200 euros à 30 500 euros. De plus, les intérêts des versements réalisés après 70 ans sont fiscalement exonérés et n’intègrent pas l’actif successoral.

Bon à savoir : jeune ou senior, il est possible d’ouvrir plusieurs assurances-vie, sachant qu’il n’existe aucun plafonnement des primes versées.

A lire en complément : Assurance vie : Les avantages de la souscription en ligne

Le PFU annule l’intérêt fiscal de l’assurance-vie

Faux, l’application au 1er janvier 2018 du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, également appelé Flat Tax, ne supprime pas les avantages fiscaux de l’assurance-vie. Son périmètre s’étend uniquement sur les gains obtenus sur les versements effectués après le 27 septembre 2017, sous réserve que le contrat existe depuis plus de huit ans et que l’assuré possède plus de 150 000 euros en assurance-vie, ce qui exclut 90 % des souscripteurs. En réalité, le PFU a permis un allégement fiscal supplémentaire pour les intérêts résultant de versements postérieurs au 27 septembre 2017 pour les contrats de moins de quatre ans. Enfin, le placement préféré des Français garde un régime fiscal attrayant en cas de décès de l’assuré. Ce qui en fait un véhicule de transmission de patrimoine très intéressant.

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