Assurance-vie versus épargne salariale : on vous dit tout

Assurance Vie ou Épargne Salariale ?

Au moment d’arbitrer pour déterminer votre stratégie de placement, vous devez tenir compte de nombreux éléments. Quels sont les critères qui permettent de choisir en 2018 entre la souscription d’un contrat d’assurance-vie et l’épargne salariale ? Voici les points de comparaison sur ces deux produits d’épargne qui restent complémentaires.

La bataille des chiffres remportée haut la main par l’assurance-vie

Si l’on compare la formule privilégiée par les Français, le match n’a pas lieu d’être. L’assurance-vie, qui est accessible à tous, affiche une collecte totale de plus de 1.600 milliards d’euros. L’aversion au risque dans l’Hexagone est bien vivace, les ménages plébiscitant les fonds euros garantis à 80 %, contre 20 % pour les supports en unités de compte.

L’épargne salariale ne représente actuellement que 130 milliards d’euros, un chiffre nettement inférieur aux fonds de l’assurance-vie. Toutefois, la collecte principalement fléchée sur les Plans d’épargne entreprise (PEE) n’est accessible que pour seulement 11 millions de Français.

Le gouvernement actuel insiste pour réorienter l’épargne des ménages français vers des produits finançant l’économie afin d’alimenter le développement économique et de faire baisser le taux de chômage. Ainsi, le nouveau prélèvement forfaitaire unique (PFU) participe à faire bouger les lignes, l’épargne salariale gagnant en attractivité puisque échappant à cette flat tax.

Les points en faveur de l’épargne salariale

La fiscalité sur les retraits

L’épargne salariale est simplement soumise aux prélèvements sociaux (17,2 % en 2018). Les retraits d’assurance-vie sont également exonérés seulement si le montant n’excède pas 4.600 € / an (le double pour un couple) et si le contrat est âgé de plus de 8 ans. Pour ceux ayant versé plus de 150.000 €, les plus-values de l’assurance-vie effectuées à partir de 27 septembre 2017 passent sous les fourches caudines du PFU (12,8 %) auxquelles s’ajoutent les prélèvements sociaux. Le taux à 7,5 % s’applique aux encours cumulés inférieurs à 150.000 €.

Les frais

Les frais de gestion sont moins élevés pour les produits d’épargne salariale et payés par l’employeur tout au long du contrat de travail. Plus salarié, l’épargnant paie un forfait entre 20 € et 30 € / an, l’assurance-vie coûtant en moyenne entre 0,60 % et 0,90 %. Cette comparaison va dans le même sens pour les frais d’entrée, les frais de gestion et les frais d’arbitrage.

Le transfert

Seul le transfert de l’épargne salariale est envisageable. Pour changer de gestionnaire d’assurance-vie, il faut opérer son rachat entraînant l’imposition des intérêts. Pour l’épargne salariale, une société peut changer de prestataire quand elle le souhaite. Un salarié qui quitte un employeur peut transférer son ancien plan vers le nouveau ou garder l’ancien tout en jouissant du nouveau plan. S’il est possible de continuer d’alimenter un PEE de son ancienne entreprise, ce n’est pas le cas pour les plans d’épargne de retraite collectifs (PERCO).

Les points en faveur de l’assurance-vie

La disponibilité des fonds

L’assurance-vie est privilégiée notamment parce que c’est un produit d’épargne liquide. Les rachats ou retraits sont possibles à tout moment sans justificatifs. Les fonds versés sur un PEE sont bloqués 5 ans bien que des possibilités de déblocage anticipé existent moyennant l’apport de sérieux justificatifs (projet immobilier d’un primo-accédant, naissance d’un 3e enfant, etc.).

La gamme de produits

450, c’est le nombre de contrats d’assurance-vie commercialisés en France. L’épargnant a donc un large choix et peut effectuer sa sélection notamment en fonction de sa sensibilité au risque et de son profil d’emprunteur. Des fonds euros garantis aux trackers en passant par les Sicav et les SCPI, c’est toute une panoplie de véhicules financiers qui se présente. Les possibilités offertes par les PEE sont bien plus limitées, et les fonds euros inaccessibles.

La succession

L’assurance-vie est un produit reconnu pour préparer une succession. Contrairement au PEE comptabilisé dans l’actif successoral, l’assurance-vie dispose de plusieurs abattements. De plus, le capital décès de l’assurance-vie (versé aussi sous forme de rente viagère) est exonéré d’imposition pour les conjoints et les partenaires de Pacs bénéficiaires. Enfin, le souscripteur peut désigner les ayants droit.

Loi Pacte : quel avenir proche pour l’assurance-vie ou l’épargne salariale ?

L’épargne salariale

La loi Pacte veut consolider l’attractivité de l’épargne salariale par le biais d’une fiscalité plus avantageuse pour les employeurs des TPE et PME. L’idée est de favoriser l’intéressement et la participation en supprimant le forfait social, pour les sociétés jusqu’à 250 salariés pour le premier et jusqu’à 50 salariés pour la seconde.

L’assurance-vie

La nouvelle législation n’envisage pas de bouleversements dans les contrats d’assurance-vie multisupport suite à l’instauration du PFU. L’objectif est la relance du fonds euro-croissance dont le principe repose sur la diversification de l’allocation vers des produits plus risqués. Plus rémunérateurs, les fonds bloqués plusieurs années ne sont cependant garantis qu’à échéance de la période de blocage.

 

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