Les médecines douces, on fait le point

medecine douce et medecine naturelle

Alors que la question du déremboursement des médicaments homéopathiques s’est immiscée dans l’actualité en 2019, elle interroge plus largement sur le rôle des médecines douces en France. Quel regard portent les Français sur ces pratiques alternatives ? Quelles sont celles officiellement reconnues ? État des lieux.

Les médecines alternatives et complémentaires

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense plus de 400 médecines douces, médecines naturelles ou médecines traditionnelles dans le monde. Comment les définir ? L’OMS regroupe en ces termes toutes les pratiques, ancestrales (par exemple la médecine traditionnelle chinoise à base de plantes médicinales) ou modernes, basées sur des thérapies manuelles, biologiques ou « corps-esprit ». Certaines sont connues à l’instar de l’ostéopathie, l’acupuncture ou l’hypnose, quand d’autres sont plus confidentielles comme la sylvothérapie, le reiki ou la médecine ayurvédique.

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https://www.medi-sphere.be/fr/actualites/socio-professionnel/les-belges-francophones-en-faveur-du-remboursement-des-medecines-do

En France, la faculté de médecine n’enseigne pas ces approches thérapeutiques, ce qui les exclut de fait de la médecine conventionnelle. Le paradoxe est que certaines techniques sont utilisées à l’hôpital. Alors que le ministère de la Santé évoque le terme de « pratiques de soins non conventionnelles », l’Ordre des médecins parle de médecines alternatives et complémentaires, également connues sous le sigle de MAC.

L’Ordre national des médecins décline les MAC en quatre catégories : les thérapies manuelles (chiropraxie, kinothérapie, réflexologie, etc...), les thérapies corps-esprit (sophrologie, hypnose, PNL, etc...), les thérapies biologiques (aromathérapie, phytothérapie, gemmothérapie, etc...) et les systèmes complets (homéopathie, acupuncture, naturopathie, etc...). Il n’existe pas de diplôme d’État, même si le nombre de formations hors cadre a tendance à exploser.

Bon à savoir : l’assurance maladie rembourse encore une partie des traitements homéopathiques et les séances d’acupuncture à condition que la pratique soit faite par un médecin ou une sage-femme. Certaines mutuelles et complémentaires santé remboursent par ailleurs une partie des frais suite à la consultation d’un ostéopathe par exemple.

40 % des Français y ont recours selon l’Ordre National des Médecins

La succession de controverses dans le domaine de la santé incite les Français à se tourner de plus en plus vers ces médecines douces. Pour l’Ordre National des Médecins, 4 Français sur 10 ont déjà eu recours à ces formules alternatives, notamment dans le cadre d’insomnies, de stress ou encore de troubles anxieux. Les médecines douces attirent également les patients atteints de pathologies chroniques impliquant des douleurs difficiles à soigner.

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https://fr.statista.com/infographie/16119/frequence-de-consultation-professionnel-de-medecine-non-conventionnelle/

Les médecines alternatives peuvent également être recommandées par les praticiens pour aider le malade à supporter les effets secondaires causés par de lourds traitements type chimiothérapie ou radiothérapie. Bémol : des charlatans substituent aux soins leur méthode naturelle, d’où les alertes répétées de l’Institut National du Cancer contre les dérives sectaires. Le Code de la santé publique indique que « les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé ».

Bon à savoir : des chercheurs en oncologie de l’université du Texas ont publié le 11 avril 2019, dans le JAMA Oncology, une étude révélant qu’un tiers des patients frappés par un cancer avait recours aux médecines douces. 35,8 % d’entre eux ont utilisé des compléments alimentaires à base de plantes.

L’Ordre National des Médecins n’autorise que quatre MAC : l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie et l’ostéopathie. Il est donc logique de retrouver des généralistes ou des spécialistes qui présentent un titre ou une orientation de médecine alternative et complémentaire. En milieu hospitalier, d’autres pratiques se développent à l’image de l’hypnose dans le cadre d’une anesthésie.

L’épineuse question du remboursement de l’homéopathie

La Haute Autorité de Santé a rendu son verdict suite à l’audition de trois laboratoires pharmaceutiques (Boiron, Lehning et Weleda) et préconise donc le déremboursement des produits homéopathiques qui « n’ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d’un remboursement ». Le gouvernement a décidé de suivre cette préconisation. Le Conseil Scientifique des Académies des Sciences Européennes avait déjà confirmé, en 2017, l’absence de preuve de son efficacité.

L’homéopathie, comment ça marche ?

Comment prépare-t-on une pilule homéopathique ?

Le point de départ est la substance initiale, ou teinture-mère. Elle contient une toxine produisant des symptômes ressemblant aux symptômes de la maladie que l’on veut soigner. La substance est broyée puis diluée dans un solvant comme de l’eau. Cette dilution est répétée plusieurs fois jusqu’à la quasi disparition de la toxine de base.

 

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1 CH (Centésimale Hahnemannienne ») est égal à 1 volume de substance initiale diluée dans 99 volumes de solvant.

Bon à savoir : les médicaments homéopathiques sont actuellement remboursés par la Sécurité Sociale à hauteur de 30 %. Pour le moment il est donc décidé que dès le 1er janvier 2020, ils ne seront plus remboursés qu’à hauteur de 15 % pour arriver à 0 % le 1er janvier 2021.

Les laboratoires Boiron, Lehning et Weleda, devant la polémique, avaient commandé un sondage à Ipsos pour connaître le rapport des Français à cette médecine douce. Le sondage montre que trois-quarts des Français ont déjà pris des médicaments homéopathiques (58 % plusieurs fois dans leur vie). La même proportion en a une bonne image, les considérant comme efficaces. Un mécanisme réflexe s’installe même puisque 7 sur 10 déclarent en avoir consommé dès l’apparition de premiers symptômes. 83% des personnes interrogées jugent légitime qu’un médecin prescrive un traitement complémentaire homéopathique. Enfin, trois-quarts des répondants sont opposés au déremboursement par la Sécurité Sociale des médicaments homéopathiques (46 % totalement).

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https://www.ipsos.com/fr-fr/lhomeopathie-plebiscitee-par-les-francais

Un autre sondage Odoxa datant de janvier 2019 montrait que si le remboursement de l'homéopathie s'arrêtait, sur les 52 % de la population qui se soignent avec l’homéopathie, 63 % ne modifieraient pas leurs habitudes, 21 % ne prendraient plus rien en cas de maladies bénignes, et 17 % basculeraient vers les seuls médicaments conventionnels.

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