Comment allier défiscalisation et retraite ?

Allier défiscalisation et retraite

Au moment de recevoir sa déclaration de revenus, nombreux sont les contribuables retraités qui aimeraient alléger leur facture et payer moins d’impôts. Existe-t-il des leviers fiscaux à actionner afin de conjuguer défiscalisation et retraite ? Du plan d’épargne retraite populaire (PERP) au contrat Madelin, voici quelques pistes à suivre et quelques conseils à appliquer pour obtenir un complément de revenus.

Le Contrat Madelin pour les travailleurs non salariés

Les artisans, les commerçants et autres professionnels qui exercent en libéral ont la possibilité de se constituer une épargne retraite en alimentant leur contrat Madelin. L’atout majeur de ce produit repose sur l’opportunité de déduire les versements effectués de ses revenus professionnels avec plafond. Ainsi, plus l’imposition est forte sur le TNS, plus l’économie d’impôt réalisée sera conséquente.

Le chef d’entreprise peut d’ailleurs faire payer les cotisations par son entreprise. Notons que l’entreprise est taxée au titre de l’impôt sur les sociétés et que les primes sont soumises aux charges sociales. En revanche, le contrat Madelin implique un blocage de l’épargne jusqu’au passage à la retraite. Malgré tout, des exceptions permettent d’obtenir des retraits anticipés comme lorsque l’épargnant arrive en fin de droits à l’allocation chômage ou quand il est confronté à une situation d’invalidité.

Bon à savoir : Toute sortie du contrat Madelin se fait automatiquement en rente viagère taxée au titre des pensions après un abattement de 10 %.

Défiscalisation : le Perp pour les épargnants fortement taxés

Accessible à tous les actifs, le plan d’épargne retraite populaire a été créé par la loi Fillon du 21 août 2003. Sa vocation est de permettre aux salariés de se constituer un complément de retraite. Celui-ci est reversé sous forme de rente viagère au moment où le souscripteur liquide sa pension de régime obligatoire d’assurance sociale.

L’avantage du Perp est surtout la déduction des fonds placés du revenu imposable, dans la limite du plus élevé pour 2017 entre :

  • 10 % des revenus de l'année précédente, dont le plafond est fixé à 30.893 euros ;
  • 10 % du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale), soit 3.862 euros.

Plus le niveau d’imposition est fort, plus les économies sont élevées. Ce type de placement est donc performant en matière de défiscalisation pour les contribuables qui se positionnent dans une tranche marginale d’imposition de 41 % ou de 45 %. Lorsque la limite de déduction n’est pas entièrement exploitée, le souscripteur peut en reporter le solde au cours de l’une des trois années suivantes. Inversement, les montants en excédent ne sont ni déductibles ni reportables.

Bon à savoir : le Plan d’épargne retraite collective (Perco) n’est pas un produit de défiscalisation ou alors celle-ci coïncide avec la non-imposition des montants placés.

Investir dans un contrat PERP est une opération de long terme car les sommes sont bloquées jusqu’au départ à la retraite. Deux exceptions existent : l’achat d’un bien immobilier dans le cadre d’une primo-accession et le rachat partiel limité à 20 % de la valeur de rachat. Le législateur offre aussi cette opportunité pour les contrats inférieurs à 2.000 €, sans versements réguliers prévus ni cotisation payée lors des 4 dernières années. Cette solution n’est envisageable que si le revenu du foyer fiscal est inférieur à 25.155 € (majoration pour les contribuables avec personnes à charge).

Bon à savoir : Au moment de la retraite, l’assureur rétribue la rente viagère, fiscalisée comme les pensions, après un abattement de 10%.

Rappel sur la défiscalisation :

Bien que les abattements et autres crédits d’impôt soient attractifs et recherchés, il ne faut pas oublier qu’ils ne sont jamais accordés gratuitement. Ils sont généralement synonymes d’efforts à réaliser pour le contribuable sous la forme de dépense de consommation ou d’épargne. Au final, le pouvoir d’achat à court terme s’en trouve réduit.