Comment devient-on socio-esthéticienne ? Quelles sont les étapes pour y parvenir ?

Parole d’expert : zoom sur le métier de socio-esthéticienne

Avant la formation proprement dite, il faut décrocher un diplôme d’esthétique puisque c’est la base de tout et que l’école ne revient pas du tout sur les principes d’esthétique. À Tours, j’ai suivi la formation du CODES au sein de l’hôpital Bretonneau. Pneumologie, pédiatrie, psychiatrie… Cette formation permet une première approche auprès de tous les publics. Après mon diplôme, j’ai d’abord travaillé dans le social (centres d'addictologie avec un public en réinsertion par exemple) et j’interviens également dans le milieu médical.

Marie-France Millacet

Quels sont les bénéfices pour les patients ?

Dans le milieu social, cela peut permettre à des personnes isolées de renouer avec les codes de la société en reprenant confiance. Prendre soin de soi, puis oser aller vers les autres, demander de l’aide, effectuer des démarches : une dynamique que la socio-esthétique peut aider à relancer. L’un des objectifs de mon métier est de donner de l’autonomie aux patients. Pour cela j’organise des ateliers individuels ou collectifs autour du soin.

Le métier de socio-esthéticienne permet-il des interactions avec d’autres métiers du soin ?

Nous sommes toujours en lien avec d’autres disciplines. La socio-esthétique ne suffit pas en soi, nous travaillons en complémentarité avec les travailleurs sociaux. Travailler sur l’image, la mise en valeur d’une silhouette, donner les codes vestimentaires du monde du travail : autant d’axes de travail que nous adaptons aux freins financiers, psychologiques ou culturels des patients. Souvent, plusieurs séances sont nécessaires pour instaurer un climat de confiance. Nous devons rester humbles parce qu’il est difficile de quantifier les résultats, mais les conseillers indiquent que nos interventions les aident énormément.

Quel statut juridique recouvre la discipline de la socio-esthéticienne ?

Personnellement j’ai plusieurs statuts : CDD, vacataire et auto-entrepreneur. Ce dernier statut est de plus en plus souvent exigé, il supplante le statut de vacataire auparavant fréquent. Il existe très peu de contrats à plein temps ; la plupart des praticiennes jonglent entre différents établissements ou organismes. Ceci dit, il faut comprendre qu’un CDI à temps plein dans une unité d’oncologie par exemple est un poste lourd à porter moralement. Il est préférable de varier les lieux pour mieux supporter les difficultés.

Quelle est la clé pour être une bonne socio-esthéticienne ?

Il faut rester à l’écoute et faire en fonction de ce que le patient est, et nous donne. On ne peut rien imposer ; il faut être dans l’écoute, la compassion et l’empathie. Nous prenons garde à ne jamais nous substituer aux psychologues, même si de nombreux ponts existent entre les métiers. Notre outil reste l’esthétique, ce qui n’empêche que les patients peuvent se livrer pendant un modelage du visage par exemple, ou la transmission des gestes du maquillage. Comme nous passons par le corps, les patients ont moins de difficultés à communiquer qu’auprès de leur psychologue.

Quel est votre public de prédilection ?

Je travaille beaucoup auprès des adolescents. Mal-être, troubles de la personnalité, difficultés familiales : les problématiques sont très diverses. J’aime ce public parce qu’il existe toujours un espoir que la situation s’arrange par la suite. J’aime me dire que je peux aider, avec mes collègues, à retrouver un apaisement et une vie stable. J’apprends aussi beaucoup d’eux. Lors de mon premier poste, je travaillais auprès des personnes âgées. Il faut demeurer humble, accepter de ne faire du bien que sur l’instant présent. Notre intervention peut aider à éviter le phénomène si dangereux de glissement. Mettre du rouge sur les ongles, masser doucement des mains… Une peau a besoin d’être touchée, et pour certaines personnes qui n’ont plus de famille, nous sommes l’unique contact physique. Il faut être armé pour travailler auprès de ce public, parce qu’on peut facilement projeter des situations familiales connues. Mais je retiens aussi des moments très amusants, surtout lors des séances collectives !

 

Marie-France Millacet
«L ’un des objectifs de mon métier est de donner de l’autonomie aux patients. »

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