La dette publique française dépasse 100 % du PIB

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À l’automne 2019, la dette publique française a atteint 100,4 % du PIB, dépassant le seuil symbolique des 100 %. D’où vient cette augmentation de la dette et pose-t-elle des risques particuliers ?

Pourquoi comparer la dette au PIB ?

La dette publique résulte des endettements passés contractés par l’État (ainsi que les administrations publiques et caisses de sécurité sociale) pour combler son déficit public. Autrement dit, la dette publique augmente chaque fois que les dépenses publiques sont supérieures aux recettes (hors recettes exceptionnelles comme les privatisations).

Le chiffre de la dette publique, seul, n’est pas très utile. Par exemple, la dette publique des États-Unis est de 22 000 milliards de dollars, celle de la France de 2 800 milliards de dollars et celle de Chypre de 24 milliards de dollars. Cependant, comme il s’agit de pays de tailles très différentes, il faut rapporter ce montant de dette à la taille de chaque économie, c’est-à-dire à son produit intérieur brut (PIB). Rapporté au PIB, la dette publique de ces trois pays est environ identique, soit autour de 100 % du PIB.

Historique de la dette publique française

Au cours du XIXème et du XXème siècle, la dette publique française a déjà dépassé 100 % du PIB, notamment au lendemain de la première guerre mondiale du fait de la hausse des dépenses militaires, et à la suite de la crise de 1929, qui a fait plonger les recettes fiscales. La forte croissance de l’après seconde guerre mondiale (les « trente glorieuses ») a cependant permis de réduire drastiquement la dette publique autour de 30 % du PIB dans les années 1970.

Depuis, du fait d’une croissance économique plus faible, la dette a régulièrement augmenté, une hausse qui s’est accélérée depuis la crise de 2008 (baisse des recettes fiscales et hausse des dépenses sociales comme le chômage). En 2017, la dette publique avait déjà momentanément dépassé 100 % du PIB (100,9 % au deuxième trimestre). Elle avait ensuite légèrement baissé puis remonté à 100,4 % du PIB à l’automne 2019.

Une dette publique supérieure à 100 % du PIB, est-ce grave ?

Le seuil de 100 % du PIB est avant tout symbolique et n’a pas de signification économique particulière. Par exemple, le Japon a une dette publique de 240 % du PIB, sans que ce niveau de dette n’ait déclenché de crise. A l’inverse, l’Argentine a connu des faillites publiques avec une dette inférieure à 50 % du PIB.

Le ratio qui compare la dette au PIB est un indicateur clé, mais ce n’est pas le seul permettant d’estimer la « dangerosité » de la dette publique, il faut aussi analyser la devise dans laquelle est libellée la dette, sa maturité, la nature des créanciers, les actifs détenus par l’État... Un autre indicateur très instructif est le taux auquel les États s’endettent. Ainsi, un taux en augmentation reflète une hausse du risque et une baisse des taux indique quant à elle une baisse du risque. Or, la France s’endette à des taux historiquement bas, autour de 0 % (et même négatifs à l’automne 2019). Le financement de la dette publique n’est donc pas un problème actuellement, principalement du fait de l’action des banques centrales qui agit pour faire baisser les taux (quantitative easing, baisse des taux directeurs…). Cependant, en cas de remontée des taux, le coût de la dette publique augmenterait et sa soutenabilité pourrait être compromise.

Dans les années à venir, la dette publique française rapportée au PIB devrait légèrement baisser. Par exemple, le FMI prévoit qu’elle équivaudra à 97,8 % du PIB en 2024.

 

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