Déflation et épargne

Tas de pièces d’euros qui suivent une courbe rouge descendante

L’inflation atteint des niveaux particulièrement faibles en France, comme dans toute la zone euro. Cette tendance, présente tout au long de la décennie écoulée, s’est accentuée depuis l’irruption de la pandémie de Covid-19, faisant peser un risque de déflation. Quelles seraient les conséquences pour l’épargnant d’une telle situation ?

Le risque de déflation en France

Phénomène économique rare, désig la déflationne une baisse durable et généralisée des prix. Il s’agit, autrement dit, de l’opposé de l’inflation. Le risque pour la France de basculer en déflation apparaît aujourd’hui plausible. Tout d’abord, l’inflation se situe à un niveau particulièrement bas depuis près d’une décennie. Entre 2010 et 2019, les prix n’ont augmenté, en moyenne, que de 1,1 % par an, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), bien loin de l’objectif poursuivi par la Banque centrale européenne (BCE) d’une inflation annuelle de 2 %.

Par ses effets désinflationnistes, la pandémie de Covid-19 a, ensuite, accentué cette tendance. D’une part, elle déprime la demande, par les incertitudes économiques et sanitaires qu’elle génère, ce qui pèse négativement sur les prix. D’autre part, elle conduit à l’appréciation de l’euro, notamment vis-à-vis du dollar, ce qui rend les importations françaises relativement moins coûteuses et accentue ainsi la pression sur les prix.

Selon les statistiques publiées par l’INSEE, l’inflation en glissement annuel s’est établie en juillet dernier à 0,8 %, notamment sous l’effet d’une forte baisse des prix de l’énergie. Dans ses dernières projections macroéconomiques publiées en septembre, la Banque de France prévoit que l’inflation attendra 0,5 % en 2020, 0,6 % en 2021 et 1 % en 2022. Il s’agit d’un niveau particulièrement faible et ces prévisions pourraient être revues à la baisse en cas de nouvelles dégradations sur le front sanitaire. La crainte d’une déflation est donc tout à fait fondée en France.

Quelle stratégie pour l’épargnant en situation de déflation ?

La déflation a des effets hétérogènes sur les agents économiques. A la différence de l’inflation, elle permet, dans une certaine mesure, aux détenteurs de patrimoine de conserver leur pouvoir d’achat et défavorise les emprunteurs. Une déflation tend, en effet, à augmenter les taux d’intérêt réels : un crédit sera donc plus coûteux à rembourser, tandis que certains placements verront leur rémunération réelle augmenter. Dans un tel contexte, les livrets d’épargne retrouveraient une certaine attractivité, malgré la faiblesse des taux d’intérêt nominaux.

Les placements obligataires apparaissent, également, comme particulièrement intéressant en période de déflation. Bien que les taux d’intérêt nominaux soient relativement faibles aujourd’hui, notamment sur les obligations émises par les États, ce placement permet de conserver le pouvoir d’achat de l’investissement, puisque les obligations sont remboursées in fine à leur valeur nominale. Dans le même temps, une déflation conduit les entreprises, face à un chiffre d’affaires en baisse, à réduire leurs marges, ce qui rend les placements en action moins attractifs. Concernant les contrats d’assurance vie, les supports en euros, déjà largement plébiscités, devraient bénéficier d’un contexte de déflation, au détriment des unités de compte.

Il ne faut toutefois pas négliger l’impact macroéconomique d’une déflation. Un tel phénomène auto-entretenu, en encourageant l’épargne plutôt que la consommation, peut provoquer une dépression de forte ampleur et dégrader, indirectement, la situation économique et financière des épargnants (emplois, revenus, etc.).

 

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