Coronavirus : comment expliquer la crise économique post Coronavirus ?

Un graphique avec un virus

La pandémie de Covid-19 a déclenché une crise économique mondiale d’ampleur inédite en temps de paix. La violence de cette crise s’explique principalement par les mesures de confinement, qui contractent simultanément l’offre et la demande.

Une crise économique inhabituelle

La plupart des crises économiques touchent seulement un nombre limité de secteurs. Par exemple, la crise des « subprimes » de 2008 était concentrée sur le marché immobilier américain ; et les chocs pétroliers de 1973 et 1979 concernaient l’approvisionnement en pétrole de nos économies.

La crise actuelle est différente. Du fait des mesures de confinement, c’est la quasi-totalité des secteurs qui se trouvent simultanément à l’arrêt. Comme le dit l’économiste américain Paul Krugman, l’économie est mise en “coma artificiel” le temps d’arrêter la propagation du virus. Cette paralysie de l’ensemble de l’économie explique que le choc économique soit particulièrement brutal.

En effet, la demande et l’offre sont simultanément comprimées. Côté demande, la fermeture des magasins non-essentiels conduit mécaniquement à une contraction de la consommation des ménages. On peut le voir à l’envolée du taux d’épargne ; pendant le confinement, les ménages français épargnent environ la moitié de leurs revenus. Côté offre, la fermeture de nombreuses entreprises et usines réduit logiquement la capacité productrice de l’économie. Selon des estimations de l’Insee et de la Banque de France, le confinement réduit la production économique française d’environ un tiers par rapport au niveau habituel de production.

L’aspect mondial de cette crise renforce sa violence. Il est rare qu’une crise frappe simultanément l’ensemble des pays. Par exemple, en 2008-2009, les pays émergents (notamment la Chine) avaient été moins touchés, et le maintien de leur consommation avait facilité la reprise des pays en crise via une hausse des exportations. Actuellement, la quasi-totalité du monde est affectée par des mesures plus ou moins strictes de distanciation sociale. Il est donc illusoire pour un pays d’espérer relancer son économie par le biais d’une hausse des exportations.

Une crise historique

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB mondial pourrait se contracter de 3 % cette année (comparé à une croissance nulle lors de la crise de 2008-2009). En France, le FMI prévoit une baisse du PIB de 7,2 % cette année.

Il s’agit de la crise la plus violente en temps de paix depuis l’émergence du capitalisme moderne dans le milieu du XIXème siècle. Lors de la crise des « subprimes », le PIB français n’avait baissé « que » de 2,9 % en 2009, et le choc pétrolier de 1973 avait entraîné une contraction de 1 % de l’économie française. Seules les deux guerres mondiales avaient entraîné une crise économique plus violente, avec une baisse du PIB de 25 % entre 1914 et 1918, et de 50 % entre 1939 et 1945 (estimations du Maddison project). La guerre de 1870 avait eu un impact économique similaire à la crise du coronavirus, avec une baisse d’environ 7,5 % du PIB.

Face à cette crise historique, les gouvernements ont mis en place des mesures de relance importantes, et les banques centrales agissent pour maintenir les taux d’intérêts à des niveaux très faibles. Ainsi, les agents économiques (entreprises, Etats, ménages) peuvent continuer à se financer facilement pour surmonter la crise. La reprise pourrait être rapide dès que l’épidémie sera contenue. En effet, l’économie n’est pas impactée par des causes structurelles, mais par les conséquences du confinement.

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